mon histoire avec le grand Meaulnes
Le top 10 de l'autre jour a exhumé quelques souvenirs, et voilà que j'ai envie de vous parler du grand Meaulnes.C'est une histoire particulière qui nous lie, lui et moi. Une histoire d'amour profonde. Mais il ne faut pas croire que tout est venu comme ça, au contraire. Nos débuts ont même été cahotiques ; lisez plutôt :
notre première rencontre a eu lieu alors que j'étais en classe de quatrième ou de troisième (j'avoue que j'ai un doute), sous la forme d'un banal livre de poche. C'était le temps où la tranche des livres édités chez Le Livre de Poche était colorée en rouge ou orange. L'image de la couverture est la même que celle de la photo ci-contre, et en parcourant les diverses éditions récentes, je m'aperçois que c'est celle qui reflète le mieux l'esprit du livre (à moins que ce ne soit mon état d'esprit vis-à-vis de ce livre).
L'achat de cet opus avait été motivé par mon professeur de français, pour les besoins d'une fiche de lecture. C'était le temps où on "faisait" des classiques au collège.
Je l'avais ouvert, j'avais lu disons les vingt premières pages et avais trouvé cela particulièrement assommant (j'étais pourtant déjà une lectrice convaincue). La date fatidique approchait à grands pas, et je ne parvenais toujours pas à finir (ni même à réellement commencer) le bouquin. C'est alors que ma mère vint à la rescousse. Comme seule une vraie mère sait le faire, elle se dévoua et lut à ma place. Puis elle me raconta l'histoire et je pus réaliser la fiche de lecture en temps et en heure. Je ne saurais dire si j'ai eu une bonne note, mais les apparences furent sauvées. Je précise à ma décharge que c'est la première et dernière fois que j'ai eu recours à un tel subterfuge.
Le grand Meaulnes a croisé une nouvelle fois ma route deux ans plus tard. J'étais en classe de seconde et mon professeur de français nous avait demandé de le lire, pour une étude ou peut-être à nouveau une fiche de lecture. C'était le temps où on étudiait toujours les mêmes classiques à l'école. Et je l'ai ouvert une deuxième fois. Et j'ai été happée. Le coup de foudre. Le romanesque, la fantaisie, la mélancolie, la douleur des personnages, toutes ces choses à côté desquelles on passe irrémédiablement, tous les moments dont on saisit l'absolue et éphémère beauté, la solitude des êtres, le non-dit... Autant d'élément que j'ai perçus et qui m'ont profondément marquée.
Cet amour ne s'est jamais démenti. Je l'ai relu avec la même passion à l'aube de mes vingt ans, et il y a peu encore (à l'époque de la sortie du film avec Nicolas Duvauchelle, ah Nicolas Duvauchelle !!... Le film est par ailleurs une daube absolue, mais j'ai déjà dû vous le dire.).
Mon exemplaire, toujours le même bien sûr, est usé, défraîchi. La couverture est pleine de plis et mon nom, à l'intérieur, est souligné de trois vagues au feutre rose...
Moralité ? Celle que vous voudrez.
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