un pavé dans le sac à dos (suite)
Evidemment.
Je le sentais bien, ce bouquin, et j'avais raison (ce qui ne se produit pas systématiquement, loin de là, à mon grand désespoir).
Retrouver Stephen King après si longtemps a été un réel bonheur. L'impression qu'il a atteint une maîtise quasi totale, que plus rien n'est de trop. Une immense maîtrise et un immense plaisir d'écrire et de partager. Une force, une plénitude. C'est ce que j'ai ressenti en tout cas.
J'ai dévoré ce pavé en trois jours. Je ne sais pas trop comment le résumer... Ensemble c'est tout au pays des revenants ? Evidemment il y a des morts-vivants, évidemment une maison abandonnée, une forêt, une tempête (mais petite), évidemment une force obscure qui parle dans la tête des gens, des morts horribles (quelle mort ne l'est pas ?). Mais tellement davantage. On sent que la fin n'est pas là. Les personnages phares de cette histoire - un quincagénaire éclopé, un ex-suicidé, une vieille dame impotente - sont d'une profonde humanité et d'une très grande générosité. Et d'ailleurs c'est ensemble qu'ils s'en sortent, mettant leur vie en jeu pour venir à bout d'une puissance maléfique qui les dépasse.
Au départ on a un homme. La cinquantaine, il considère qu'il a réussi puisqu'il est à la tête d'une très grosse entreprise de travaux publics qui l'a rendu millionnaire. Côté vie prive, tout est OK : marié depuis 25 ans, deux filles étudiantes. Et puis survient l'accident bête, sur un chantier. Cet homme, Edgar Freemantle, passe à un cheveu de la mort. Quand il se réveille, il n'a plus son bras droit et une migraine abominable et permanente lui vrille la tête (une constante chez Stephen King, la migraine ; il a l'air de connaître son sujet) à la suite de plusieurs fractures au niveau de sa boîte cranienne. Et il est très en colère. Sujet à des accès de rage incontrôlables. Désireux d'en finir aussi. Avec la douleur, avec ce semblant d'homme qu'il est devenu. Sa femme ne résiste pas et demande le divorce. Alors qu'il est plus que jamais décidé à orchestrer son suicide à plus ou moins brève échéance, son psy, le docteur Kamen, qui bien au-delà de son métier est le genre de personne à comprendre les choses avant qu'elles aient été dites et à être là avec les bons mots au bon moment, lui donne deux excellents conseils : 1) partir se mettre au vert quelque temps 2) pratiquer de nouveau une activité qui lui donnait du plaisir quand il était enfant. C'est ainsi qu'Edgar Freemantle se retrouve sur Duma Key, un îlot quasi désert au large de la Floride, locataire d'une villa les pieds dans l'eau qu'il surnomme Big Pink, et qu'il se remet au dessin. Mais une puissance étrange est à l'oeuvre sur Duma Key, qui peut faire de lui un grand artiste en un temps record, qui peut tuer aussi. On entre ensuite au coeur du roman et je ne peux en dire plus, si ce n'est que dans une des villas voisines vit une très vieille dame nommée Elizabeth dont s'occupe un certain Wireman, et qu'une riche amitié va naître entre ces personnages, amitié dont chacun aura bien besoin. Apparaissent aussi Ilse, la fille cadette d'Edgar et sa préférée, le jeune Jack qui s'occupe des courses, des détails pratiques et qui se trouve être un sacré bonhomme également. Et toute une galerie de portraits à la Stephen King. Mais je ne me rappelais pas, à part dans Sac d'os où il était question d'un homme qui avait perdu quelqu'un de très proche (femme ? fille ?), une si profonde humanité chez ses personnages, tout en sincérité dans les bons comme dans les mauvais côtés, et essayant de s'en sortir coûte que coûte. La mort, l'absence, la souffrance, le désespoir sont omniprésents mais ce qui reste quand on referme le livre est une jolie petite flamme de joie et d'espoir. Oui il y a des gens bien en ce monde, oui la fraternité existe, et on a de la chance d'avoir connu Edgar Freemantle et son copain Wireman, et Jack, et Elizabeth, et les autres... pour de vrai.
Lisez ce livre en mangeant du chocolat au lait et noisettes entières (la marque au papier d'emballage mauve et au bon lait des Alpes). I am Christelle and I approve this message.
Je le sentais bien, ce bouquin, et j'avais raison (ce qui ne se produit pas systématiquement, loin de là, à mon grand désespoir).
Retrouver Stephen King après si longtemps a été un réel bonheur. L'impression qu'il a atteint une maîtise quasi totale, que plus rien n'est de trop. Une immense maîtrise et un immense plaisir d'écrire et de partager. Une force, une plénitude. C'est ce que j'ai ressenti en tout cas.
J'ai dévoré ce pavé en trois jours. Je ne sais pas trop comment le résumer... Ensemble c'est tout au pays des revenants ? Evidemment il y a des morts-vivants, évidemment une maison abandonnée, une forêt, une tempête (mais petite), évidemment une force obscure qui parle dans la tête des gens, des morts horribles (quelle mort ne l'est pas ?). Mais tellement davantage. On sent que la fin n'est pas là. Les personnages phares de cette histoire - un quincagénaire éclopé, un ex-suicidé, une vieille dame impotente - sont d'une profonde humanité et d'une très grande générosité. Et d'ailleurs c'est ensemble qu'ils s'en sortent, mettant leur vie en jeu pour venir à bout d'une puissance maléfique qui les dépasse.
Au départ on a un homme. La cinquantaine, il considère qu'il a réussi puisqu'il est à la tête d'une très grosse entreprise de travaux publics qui l'a rendu millionnaire. Côté vie prive, tout est OK : marié depuis 25 ans, deux filles étudiantes. Et puis survient l'accident bête, sur un chantier. Cet homme, Edgar Freemantle, passe à un cheveu de la mort. Quand il se réveille, il n'a plus son bras droit et une migraine abominable et permanente lui vrille la tête (une constante chez Stephen King, la migraine ; il a l'air de connaître son sujet) à la suite de plusieurs fractures au niveau de sa boîte cranienne. Et il est très en colère. Sujet à des accès de rage incontrôlables. Désireux d'en finir aussi. Avec la douleur, avec ce semblant d'homme qu'il est devenu. Sa femme ne résiste pas et demande le divorce. Alors qu'il est plus que jamais décidé à orchestrer son suicide à plus ou moins brève échéance, son psy, le docteur Kamen, qui bien au-delà de son métier est le genre de personne à comprendre les choses avant qu'elles aient été dites et à être là avec les bons mots au bon moment, lui donne deux excellents conseils : 1) partir se mettre au vert quelque temps 2) pratiquer de nouveau une activité qui lui donnait du plaisir quand il était enfant. C'est ainsi qu'Edgar Freemantle se retrouve sur Duma Key, un îlot quasi désert au large de la Floride, locataire d'une villa les pieds dans l'eau qu'il surnomme Big Pink, et qu'il se remet au dessin. Mais une puissance étrange est à l'oeuvre sur Duma Key, qui peut faire de lui un grand artiste en un temps record, qui peut tuer aussi. On entre ensuite au coeur du roman et je ne peux en dire plus, si ce n'est que dans une des villas voisines vit une très vieille dame nommée Elizabeth dont s'occupe un certain Wireman, et qu'une riche amitié va naître entre ces personnages, amitié dont chacun aura bien besoin. Apparaissent aussi Ilse, la fille cadette d'Edgar et sa préférée, le jeune Jack qui s'occupe des courses, des détails pratiques et qui se trouve être un sacré bonhomme également. Et toute une galerie de portraits à la Stephen King. Mais je ne me rappelais pas, à part dans Sac d'os où il était question d'un homme qui avait perdu quelqu'un de très proche (femme ? fille ?), une si profonde humanité chez ses personnages, tout en sincérité dans les bons comme dans les mauvais côtés, et essayant de s'en sortir coûte que coûte. La mort, l'absence, la souffrance, le désespoir sont omniprésents mais ce qui reste quand on referme le livre est une jolie petite flamme de joie et d'espoir. Oui il y a des gens bien en ce monde, oui la fraternité existe, et on a de la chance d'avoir connu Edgar Freemantle et son copain Wireman, et Jack, et Elizabeth, et les autres... pour de vrai.
Lisez ce livre en mangeant du chocolat au lait et noisettes entières (la marque au papier d'emballage mauve et au bon lait des Alpes). I am Christelle and I approve this message.
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