ce que le jour doit à l'ennui
Bon, d'accord, le titre est un peu dur. Je ne me suis pas ennuyée tant que ça.Mais j'ai été déçue quand même. Que d'éloges entendus depuis la parution de ce livre ! Peut-être trop, justement. Du coup je m'en étais fait une montagne. Tout un Hoggar.
J'ai commencé à avoir un doute quand je l'ai ouvert et que j'ai lu que ce récit était "en cours d'adaptation par Alexandre Arcady". Ouille, je me suis dit. Je n'ai rien de personnel contre Alexandre Arcady, mais cette information m'a fait craindre une grande fresque téléfilmesque, façon feuilleton de l'été... Et de fait, cette intuition n'était pas totalement mauvaise.
Le début est extrêmement prenant, avec une description à couper le souffle de la misère des Algériens du bled dans la première moitié du XXe siècle. Et ce personnage du père hiératique dans le malheur absolu, fier et droit, ne tenant debout que par la force de sa dignité. Une bonne moitié du récit est rythmée, originale, jusqu'au moment où l'amour s'en mêle... Je n'ai rien de personnel contre l'amour (quoique), mais la fille sublime dont les quatre inséparables amis tombent simultanément amoureux, pffffff. A partir de là le rythme s'essouffle, il n'y a plus grand chose à raconter, alors qu'on entre dans la période la plus forte de l'histoire algérienne : la guerre d'indépendance.
Younes / Jonas, le héros tiraillé entre son origine arabe et son mode de vie à l'européenne, ses relations parmi les colons, passe à côté du souffle de l'Histoire. Et en soi ce n'est pas un problème. J'aime ce genre de personnage dont la lutte est à contre-courant des idées classiques. Il se bat pour rester en dehors des choses, pour ne pas avoir à trancher, à prendre parti. Pour essayer de faire comprendre qu'il n'a pas forcément envie de faire un choix : entre un peuple et un autre, entre l'amitié et l'amour. Pour qu'on lui foute la paix. Il n'a pas envie d'être un héros. Soit.
Mais cette originalité tranche avec le lieu commun de l'amour auquel il renonce pour une question pas très claire (il y a sans doute des obligations morales qui m'échappent, mécréante que je suis). Et ces retrouvailles au crépuscule de la vie, quelle guimauve !! Ces rencontres fortuites au fil du récit avec des personnages connus dans sa jeunesse... C'est touchant, certes, on sent l'émotion affleurer en permanence, le verbe est majestueux, noble parfois, mais à force d'en remettre des couches, on finit par s'engluer.
D'où cet arrière-goût de déception.
Je vais plutôt lire les deux autres volumes de la série dans laquelle s'insère L'Attentat.
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