au coeur des ténèbres
Ca y est, je l'ai eu ! Je l'ai fini tout à l'heure.Je ne sais pas si ça vous fait ça, mais moi sur certains bouquins je suis incapable de me lancer dans une quelconque activité (pourtant j'en avais des trucs à faire aujourd'hui : 4 paquets de copies à corriger, faire les carreaux, semer des navets, arracher les fleurs fanées des parterres, faire de la compote de pêches, aller marcher un peu dans la campagne ensoleillée...) tant que je ne suis pas arrivée au bout. Il FAUT que je m'en débarrasse pour avoir l'esprit libre et passer à autre chose.
Bon, ça y est donc, je vais pouvoir passer la moitié de la nuit sur mes copies à présent. Youpi.
La couverture de cette édition de poche reflète assez bien le ton général du livre... Une histoire de fous. Une histoire noire où ce ne sont pas les fous qui sont les plus dangereux. Ni les plus fous. Très intéressant sur le principe.
Mais décevant dans la forme. Un foisonnement de personnages dont les bribes de vies sont collées les unes aux autres sans lien apparent, si bien que l'on s'y perd carrément : j'ai même envisagé à un moment de prendre des notes. Le lien se fait au fur et à mesure, mais il reste parfois ténu, parfois il n'existe pas du tout. Pourquoi tant de monde, alors que le propos de fond aurait été très clair avec moitié moins de personnages ? Tout cela est très bavard, très anecdotique... Pour nous montrer que personne n'est vraiment bien dans sa tête. Ni vraiment libre. J'ai eu du mal à accrocher.
Heureusement, Lilah était là, avec son amour des livres, ses voix, sa faculté, parfois source de désastres (quand elle appelle Dr Jekyll et que c'est Mr Hyde qui sort, par exemple !), de faire sortir les personnages des livres. Et son combat pour neutraliser le méchant Kurtz. J'ai eu beaucoup de tendresse pour ce personnage, terriblement lucide dans sa folie, généreuse et seule.
Le point de départ de l'intrigue est le moment où Lilah se rend compte qu'elle a laissé échapper un certain Kurtz, le chasseur de têtes, un être absolument malfaisant, du roman de J. Conrad intitulé Au coeur des ténèbres. Il va donc falloir qu'elle se mette en quête d'un Marlow pour neutraliser ce dangereux individu. Nous allons suivre, entre autres, les agissements pervers de ce Kurtz, psychiatre et directeur de recherches d'un grand institut de Toronto, jusqu'à découvrir une macabre machination.
J'aurais aimé que l'auteur insiste davantage sur le contexte : ayant situé son histoire dans un futur proche où sévit, en plus du sida meurtrier, une terrible maladie appelée Sturnucémie, véhiculée par les oiseaux, il ébauche l'évocation d'une société totalitaire assez effrayante. La paranoïa est partout, pas seulement entre les murs de l'institut psychiatrique.
J'ai été également déçue par la fin, lorsque le méchant Kurtz s'explique brièvement sur les raisons de ses agissements. J'ai trouvé cela presque simpliste par rapport à la structure volontairement embrouillée du reste de l'histoire.
Bref, rien à voir avec le génialissime Passagers clandestins. Je tenterai sans doute ma chance avec un autre titre de Findley, mais pas tout de suite. Il me faut le temps de digérer ma déception.
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