la lune dans... le caniveau

Publié le par Christelle

Un feuilleton démarré début juillet, et qui s'interrompt prématurément faute d'audience. Je le confesse : j'ai abandonné La Lune dans son envol.  

Sorrentino, grand écrivain états-unien, inspiré de James Joyce, pratiquant volontiers les expériences littéraires à la manière de l'Oulipo, n'aura pas réussi à me séduire par ce recueil de nouvelles aux titres pourtant aussi stimulants que "Allégorie de l'innocence", "La mer, prise dans les roses" ou "Maintes et maintes fois".

Il faut dire qu'il est extrêmement frustrant de lire des pages entières sans en saisir le sens. Je suis un esprit simple, et j'aime comprendre ce que je lis ou, à défaut, être touchée par la musique des mots, capter l'élan poétique, me sentir complice d'une forme d'absurde ou d'humour volontaires.

En l'occurence, en parcourant quelques-unes des nouvelles de Sorrentino, j'ai eu le sentiment que le lecteur était exclu de la démarche de l'auteur. Il y a sans doute un fil, il y a nécessairement un grand talent (on n'est pas chez Pancol), mais l'univers proposé est tellement "private" que la porte en reste désespérément close. C'est davantage cette frustration-là que le texte en lui-même qui m'a poussée à interrompre ma lecture. N'étant absolument pas familière des références qui peuplent ses récits, je n'ai pas été en mesure d'en saisir la subtilité (l'intérêt, tout de même, pour certains d'entre eux, ou certains passages).

J'ai eu un élan de compassion pour le traducteur qui a dû souffrir atrocement, ne sachant que penser quand je trouvais un mot entre guillemets ou une expression en italique (signes abondamment utilisés dans l'ouvrage) ; je suppose que l'essence poétique originelle a été quelque peu émoussée par la traduction, quel que soit le génie du traducteur.

Tentez l'expérience si vous l'osez, en anglais si vous êtes fortiches. Je confesse que je suis revenue à des choses plus... terrestres.

Publicité

Publié dans des livres et nous

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article