mes auteurs préférés (1)

Publié le par Christelle

Hier soir, quand j'ai terminé A l'est d'Eden de John Steinbeck (le pavé dans un dimanche cacaoté ), je me suis demandé comment j'allais pouvoir le résumer... Et puis je me suis dit que le mieux était peut-être de l'attaquer par la bande et de parler plutôt de son auteur. Ce qui me permet par la même occasion d'inaugurer une nouvelle catégorie dans ce blog déjà richissime mais qui se perfectionne encore de jour en jour (la modestie etc. mais je crois l'avoir déjà mentionné, vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus).

Steinbeck, donc, l'un de mes auteurs préférés.

Déjà je m'étais pris une claque avec Des souris et des hommes, lu quand j'avais une quinzaine d'années. Plus un livre me marque, plus j'ai du mal à en parler. L'impression laissée est tenace mais se met difficilement en mots. Des souris et des hommes (le titre en lui-même est déjà magnifique je trouve : Of mice and men en VO), c'est Racine au far west. C'est rude, c'est cruel, c'est perdu d'avance et c'est puissamment beau.

Je crois qu'une des choses que je préfère en fin de compte chez Steinbeck, c'est sa façon de dépeindre la solitude universelle. Celle qui nous poursuit tous et en rattrape beaucoup.

Là encore, je suis loin d'avoir tout lu. Je viens de finir A l'est d'Eden, avec une drôle d'impression de déjà-lu, si bien que je me demande si effectivement je ne l'aurais pas déjà lu, mais je suis incapable de me rappeler quand (qui a dit : l'abus de chocolat est dangereux pour la santé ?). Bref, j'aurais bien du mal à vous le résumer. C'est une sorte de saga qui suit deux familles, les Trask et les Hamilton, sur deux générations, mais il y a aussi beaucoup d'autres personnages importants, c'est également une tranche fondamentale et passionnante de l'histoire de l'ouest des Etats-Unis (l'essentiel de l'histoire se passe dans la vallée de la Salinas en Californie, là où Steinbeck est né), et c'est surtout une "adaptation" laïque et épique du mythe biblique des frères ennemis Abel et Caïn. Le fil directeur du livre serait l'exploration des relations entre les parents et les enfants (et en particulier père/fils et frère/frère), la question de l'hérédité, de la préférence assumée ou non d'un enfant dans la fratrie, des frustrations et des drames que cela engendre, du pardon... Je vous avais bien dit que ce serait difficile à résumer.

Et je garde le meilleur pour la fin : Les raisins de la colère. Ca faisait vingt ans que mon père me tannait pour que je le lise, finalement je l'ai lu l'automne dernier et en effet. Toujours des petites gens, toujours les Etats-Unis et le mythe de l'ouest qui se mite. Ici Steinbeck suit le parcours d'une famille de fermiers que la crise (celle de 1929, mais les choses n'ont pas tant changé...) et la mécanisation de l'agriculture jette sur les routes. Elle s'en va chercher fortune en Californie où paraît-il les oranges, les pêches et les raisins sont toujours mûrs. Sauf que pour tous ces "immigrés" le rêve tourne vite au cauchemar. Exploités pour un salaire de misère, ils crèvent littéralement de faim tandis que les propriétaires et les grossistes s'enrichissent. Certains retournent d'où ils viennent, d'autres courbent l'échine, un petit nombre choisit la lutte.

Là encore j'aurai du mal à dire à quel point ce récit est puissant. Mais à chaque fois que j'ouvre un roman de Steinbeck je suis happée. Les personnages deviennent des frères, leurs souffrances sont mes souffrances, leurs combats mes combats. Et à chaque fois j'aimerais que l'histoire n'ait pas de fin.

John Steinbeck (1902-1968), Prix Nobel de littérature en 1962.

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F
Ah ben là je suis content, parce que le côté chocolat au lait me faisait hésiter (enfin j'avais testé en achetant...et j'ai tout mangé en allant de la perfide Albion au magasin bio next to leclerc : bienvenue au club!) :-)
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