Une femme, un homme

Publié le par Christelle


C'est une recette classique, mais efficace. Généralement.
Je m'étais constitué un petit viatique littéraire en prévision de la période de Noël et du Jour de l'An ; au menu : Se résoudre aux adieux de Philippe Besson, Les petites mécaniques de Philippe Claudel et Le musée du silence de Yoko Ogawa.  Finalement, comme il a fallu voyager loin j'ai dû ménager ma monture, et le Besson est resté dans un tiroir. Tout ça pour dire que je l'ai seulement lu il y a quelques jours et non sous le sapin entre deux parts de bûche... au chocolat.
Bon. J'avais adoré Son frère et Les jours fragiles, pas lu En l'absence des hommes et détesté Un homme accidentel (le dernier en date jusqu'à récemment, je crois qu'un nouveau vient de sortir, quelqu'un en a-t-il entendu parler ? Pour Un homme accidentel, j'ai eu la désagréable impression que l'affaire aurait pu être bouclée en 15 pages et que le voyeurisme avait pris la place de l'inspiration...).
Et puis là, à vrai dire, je me suis un peu ennuyée. C'est bien écrit, on voit du pays (Cuba, New York, Venise...), mais je n'ai pas réussi à me sentir transportée par la douleur de cette femme qui écrit à son amant perdu de longues lettres dans lesquelles elle règle ses comptes tout en s'en défendant, par lesquelles elle espère se détacher tout en maintenant le lien, etc. Tout ça m'a semblé artificiel. Un bel exercice, sans plus. Sauf peut-être à la fin, quand se superposent les deux figures masculines... C'est là que l'errance et la désespérance m'ont semblé les plus authentiques.
En réalité, depuis Passion simple d'Annie Ernaux (dont je ne suis pas particulièrement fan par ailleurs), je n'ai rien lu de plus bouleversant sur la passion amoureuse et la rupture. C'est laconique, dépouillé, mais je me souviens qu'une force extraordinaire émanait de ce tout petit bouquin.

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