aqua alta
Une femme quittée par l'homme qu'elle aimait part à Venise. Pour... pour elle ne sait trop quoi : vivre ou mourir ? C'est l'hiver et elle erre dans la ville, entre deux eaux, entre silences et petites phrases désabusées. Ce sont ses rencontres qui vont la sauver. Celle d'un libraire pour qui elle se sent capable d'aimer à nouveau, mais surtout, à mon sens en tout cas, celle d'un vieux prince russe qui lui apprend à donner autrement. Et la rencontre d'une ambiance unique, d'un univers clos et empreint du passé qui paradoxalement l'aide à envisager à nouveau un avenir.Au premier abord j'ai été sceptique sur ce roman, prêté par la mère d'un ami. Je ne connaissais pas l'auteur. J'avais peur d'une histoire sentimentale, trop simple, la femme - l'amour - la ville dans un schéma un peu rebattu.
Et puis non. Le roman évite l'écueil de la démonstration et de l'introspection, il procède par touches, laissant à son personnage pas mal de zones d'ombres bienvenues. L'écriture est sèche, dure, incisive, captant seulement l'essentiel d'une situation, d'un mouvement, d'un lieu. Du coup, on a une lecture un peu haletante qui convient bien au propos, à cette femme brûlée de l'intérieur, perdue, sans but. Je n'ai pas trouvé ce procédé artificiel. J'ai pensé à Annie Ernaux, parfois. Je trouve généralement réussis les récits sur la souffrance amoureuse lorsqu'il en émane cette tension particulière, cette violence contenue, enfermée dans des mots simples et justes. L'évocation des gestes et des attitudes prime sur la parole (qu'elle soit dialoguée ou intérieure) et porte un sens plus profond.
Si on connaît Venise, bien sûr, c'est encore mieux. J'aimerais voir Venise en hiver...
Lisez ce roman avec un chocolat italien. Brûlant et mousseux.
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