au crépuscule de l'existence

Publié le par Christelle

Joseph et Maria Montagnard acceptent, sur la pression de leur fils unique, d'aller passer l'hiver dans une résidence pour personnes âgées, car Joseph a été atteint d'une fièvre inexpliquée qui l'a tenu malade plusieurs mois, et ils vivent isolés. Ainsi, ils se rapprocheront de leur fils qui pourra leur rendre visite plus souvent et ils seront en sécurité. Cette résidence se situe au bord de l'océan, dans une région plate et austère. (Vendée ? J'ai pensé à la région de St Jean de Mont, St Hilaire de Riez, mais cela reste une conjecture personnelle.)

Peu enthousiasmés par leur premier contact, ils sont persuadés de n'être que des invités temporaires de ce lieu d'inaction et d'ennui, d'infantilisation et de désespoir muet. Au loin se dresse la silhouette massive et sombre de l'hospice, où sont logés les malades, les infirmes et les impotents dans des conditions inhumaines, faute de moyens et de personnel. Chacun à la Résidence craint de finir ses jours là-bas et sait pourtant que c'est ce qui l'attend ; ce bâtiment représente la menace de la déchéance et de la fin inéluctables.

Joseph et Maria comprennent, chacun à leur façon, qu'ils ne sortiront pas vivants de cet endroit. Entre révolte et acceptation, chacun suivra alors son propre parcours. Parce que la vieillesse, nous dit ce roman, c'est surtout l'extrême solitude.

Le propos de ce livre est extrêmement intéressant ; je ne connais pas d'autres romans traitant exclusivement de la vieillesse et de la mort. L'auteur, qui était lui-même médecin, peint les choses avec une grande précision. Il fait évoluer dans cette atmosphère un personnage de médecin en proie au doute, qui s'efforce de soulager au mieux ses patients mais qui doit se résoudre à des choix douloureux et n'est pas toujours compris.

J'ai été gênée néanmoins par le style très sec, un peu artificiel. Je n'ai pas toujours bien suivi l'évolution des personnages, l'auteur leur faisant tenir des propos obscurs ou contradictoires, leur donnant des attitudes que je n'ai pas toujours trouvées cohérentes. C'est un peu comme s'il y avait une trop grande retenue, une distanciation volontaire. J'ai ressenti dans ce roman à la fois la nécessité et la difficulté de dire.

Je le recommande quand même pour sa singularité. Comme on lit mal sur l'image, je vous redonne le nom de l'auteur : Jacques Chauviré. Publié chez Le Dilettante.

Je vais peut-être me mettre à lire des trucs plus gais...

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Publié dans des livres et nous

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