Couleur d'origine
Et d'un !! Souvenez-vous, Black Bazar d'Alain Mabanckou avait le privilège d'être le premier de la désormais fameuse "liste du 6 février".Pourquoi lui ? Parce qu'en femme avisée je m'aventure d'abord en terrain connu avant de partir à la découverte de nouveaux espaces. Et Mabanckou, je connais. Un peu. J'ai lu Verre Cassé (paru en 2005) et Mémoires de Porc-Epic (paru en 2006 et Prix Renaudot de la même année). Même que je l'ai vu en vrai et que j'ai une dédicace pour Mémoires de Porc-Epic. C'était au Salon de Littérature africaine francophone de St Jean d'Angély (Personne ne connaît ? C'est bien fait pour vous!).
Black Bazar le bien nommé raconte des déboires sentimentaux et la naissance d'une vocation dans le petit monde africano-parisien. Le narrateur, qui de son propre aveu n'est pas vraiment un héros, est un Africain du Congo amateur de costumes italiens et de chaussures en reptile. Employé dans une imprimerie à mi-temps, il exerce l'activité annexe de "fessologue" depuis un bar du quartier des Halles à Paris, le lieu permettant à l'auteur de caser quelques portraits et conversations savoureux... et de souligner au passage avec une certaine jubilation certains travers de la communauté noire et de l'homme en général.
Ca part un peu dans tous les sens, c'est léger, plaisant à lire, souvent drôle, parfois touchant. La langue est riche, avec une "spéciale dédicace" au chanteur à moustache (mais si, celui de Sète).
Un peu moins complexe et foisonnant que les précédents, quand même.
Et on y apprend que chez les coiffeurs afro, les femmes noires vont se faire défriser les cheveux pour ressembler aux Blanches, croisant sur le seuil les femmes blanches qui vont se faire faire des tresses pour ressembler aux Noires. White and black bazar !
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