Le peuple de l'arbre
Un peu de littérature jeunesse...Je viens de lire pour raisons, disons... professionnelles (un des aspects les plus intéressants de mon boulot !) le premier tome des aventures de Tobie Lolness, intitulé La vie suspendue, par Timothée de Fombelle (le nom de l'auteur est déjà en soi toute une promesse).
C'est un joli pavé, pas très pratique à glisser dans un sac à main, qui nous conte l'histoire du jeune Tobie, donc, 13 ans, 1 mm 1/2. Tobie et ses parents appartiennent au peuple de l'arbre. Cet arbre, on s'en rend compte bien vite, est une métaphore de notre planète Terre ou de notre Vieux Continent, ou même, peut-être, du monde dit occidental (je penche pour cette interprétation). Les problèmes actuels de politique, d'économie et d'environnement sont transposés avec une certaine réussite. Par exemple l'entreprise d'élevage de charançons Jo Mitch Arbor essaime à travers tout l'arbre, faisant vivre ses employés dans la peur et la soumission, détruisant petit à petit l'environnement dans lequel elle puise sa richesse. Le terrible Jo Mitch prend lui-même le pouvoir avec des méthodes que l'on pourrait qualifier de populistes, il fait naître la méfiance, l'individualisme et le ressentiment chez bon nombre des citoyens de l'arbre, en désignant notamment comme boucs émissaires universels les "Pelés", peuple limitrophe qui vit dans l'herbe au pied de l'arbre. Bref, malgré quelques facilités, ce livre offre une belle réflexion sur les questions de notre temps.
En ce qui concerne le héros, on n'est pas déçu non plus car les rebondissements s'enchaînent à grande vitesse. Traqué par les hommes de Jo Mitch, Tobie doit s'enfuir. Sa survie est en jeu. Ses parents ont été emprisonnés. Là aussi, quelques facilités : j'ai été un peu frustrée de deviner presque à chaque fois les coups de théâtre qui s'annonçaient. Mais je suis (en théorie) une adulte ; peut-être que pour les ados cela fonctionne. Trahisons, amitié, tous les codes du genre sont présents et on se laisse malgré tout prendre dans ce tourbillon d'aventures avec grand plaisir.
La narration est intéressante, avec de multiples retours en arrière (peut-être un peu étourdissant pour un lecteur moyen, j'essaie encore une fois de me mettre dans la peau de l'ado à qui ce livre est destiné). Le style est alerte, l'humour omniprésent... et parfois grinçant.
Une bonne lecture, donc, pour les vacances qui s'annoncent, entre deux pistes noires.
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